Les conciles généraux (Tome 4)

Mgr Vincent Tizzani

Les conciles généraux (Tome 4)

LE V CONCILE GÉNÉRAL DE LATRAN.

I. Coup d'œil sur les événements antérieurs au Concile.

Par suite de l'affection immodérée d'Alexandre VI pour les membres de sa famille, d'un côté compromis par les cruautés du duc de Valentinois, et de l'autre devenu le point de mire d'une ambition jalouse et de plus d'une convoitise politique, le gouvernement Pontifical avait beaucoup baissé dans la considération publique, lorsque Jules II monta sur la Chaire de S. Pierre. Il est vrai qu'Alexandre VI (d'une capacité remarquable d'ailleurs ) s'était appliqué à l'unification des domaines du Saint Siège, en détruisant les petits fiefs dont la multiplicité était devenue une source permanente d'actes tyranniques; mais il est également vrai que sous l'autorité du duc de Valentinois, la réalisation de ce projet ne rencontrait point la faveur des populations. Celles-ci, en effet, ne se voyaient débarrassées d'une multitude de petits tyrans, que pour devenir la proie d'un nouveau maître et plus cruel et plus puissant. Ce fut ainsi que l'idée de procurer à l'Italie un avenir meilleur, en lui appliquant le régime de l'unité dans sa plus stricte expression, avorta par suite de la politique de César Borgia. En exterminant les barons, ce duc prétendait détruire la féodalité; mais il ignorait, ou il oubliait, que les grands changements sociaux ne sont jamais le résultat de la violence ni l'œuvre d'un seul jour.