Mont Saint-Michel

HISTOIRE & VOCATION
DE LA FRANCE

Histoire du clergé pendant la Révolution française (Tome 1)

Histoire du clergé pendant la Révolution française (Tome 1)

Abbé Augustin Barruel

SUITE DE LA SECONDE PARTIE.
LOUIS XVI avoit paru si grand dans la journée du 20 juin, que les amis du trône et de l'autel crurent voir la France ramenée, par l'estime et, le respect, à son ancien attachement pour ses rois. Cinquante-quatre départemens essayèrent en effet par des adresses pleines d'indignation contre l'insurrection du 20 juin , d'en effacer l'outrage. Plus exercés à suivre une conspiration, les jacobins se gardèrent de laisser au peuple le temps de respirer, et de se confirmer dans les sentimens qu'il commençoit à reprendre peur le roi.

Histoire du clergé pendant la Révolution française (Tome 1)

Histoire du clergé pendant la Révolution française (Tome 1)

Abbé Augustin Barruel

AVIS
L'auteur écrivant en Angleterre, avoit bien des raisons pour dédier son ouvrage à la nation qui l'avoit accueilli. Il est certain que cette nation s'est singulièrement distinguée par sa générosité envers le clergé Français. Mais on verra aussi dans, le cours de l'ouvrage que l'auteur n'est point ingrat envers les autres peuples , sur-tout envers ceux des Pays-Bas Autrichiens. Il n'entre point dans des détails sur lesquels la distance des lieux ne lui a pas permis d'être mieux instruit; mais à la manière dont il s'exprime jusqu'à deux fois sur les bienfaits de la nation Belgique à l'égard des prêtres Français déportés, on reconnoîtra toute l'envie qu'il avoit de lui payer aussi le tribut de la reconnoissance.

Dieu a fait la France guérissable

Dieu a fait la France guérissable

Abbé Augustin Lemann

PRÉAMBULE
DOUBLE TENDANCE, DOUBLE ERREUR ACTUELLE : L'ERREUR DE LA DÉSESPÉRANCE ET CELLE DE LA PRÉSOMPTION

Depuis treize ans que l’existence de la France se trouve mise en péril, on a vu se former peu à peu, parmi les conservateurs chrétiens, deux courants d’idées, deux tendances, ou plutôt deux erreurs diamétralement opposées.
De ces deux erreurs, l’une prétend que lorsque les nations sont descendues jusqu’à un certain degré d’impiété, de désorganisation et de déconsidération, elles ne sont plus guérissables; mais que, par une pente logique et fatale, elles s’en vont irrémédiablement à la mort. Ainsi en serait-il de la nation de l’Europe qui s’appelle encore la France.

Les reines de France

Les reines de France

Adélaïde Celliez

INTRODUCTION

DE LA GAULE ET DES FRANKS AVANT CLOVIS.

Au temps où s'ouvre cette histoire, tout est confusion et anarchie. L'empereur Honorius est à Rome, ou plutôt à Ravenne; mais les Barbares remplissent l'empire . Avant que ce siècle ait achevé les trois quarts de sa course , ils auront tout ravagé, tout envahi, tout renouvelé . C'est le goth Alaric qui avait ouvert ces scènes de désolation ; il pilla Rome à la fin de 408 ' ; mais Rome, qui devait subir quatre-vingts ans de terreurs et d'humiliation sous la main des Barbares, ne devait demeurer la proie d'aucun d'eux ; le passage dAlaric en Italie ne laissa que des traces de dévastation .

La chaire française au moyen âge

La chaire française au moyen âge

Albert Lecoy de La Marche

CHAPITRE Ier

LES ORIGINES DE LA CHAIRE FRANÇAISE

Prédication primitive. Les Pères. État languissant de l'art oratoire du viie au XIe siècle . — Sa renaissance . Rénovation de la prédication populaire au commencement du xie siècle. Symptômes de décadence dès la fin du même. Jugements émis jusqu'à nos jours sur l'éloquence sacrée de cette période.

L'histoire de la prédication, dans les premiers siècles de l'Église, serait l'histoire du christianisme lui-même; car la parole fut le grand mode de propagation de la religion révélée. « Allez et prêchez, » avait dit le Maitre aux disciples, après avoir donné le premier l'exemple. Ils allèrent et préchèrent ; et le monde entier les vit exécuter ce com mandement suprême.

La fondation de la France du quatrième au sixième siècle

La fondation de la France du quatrième au sixième siècle

Albert Lecoy de La Marche

Chapitre Premier.
Établissement graduél du christianisme en Gaule,

Urgence de l'établissement du christianisme en Gaule ; à quelle époque il s'opère , et comment l'école apostolique et l'école grégorienne peuvent se concilier. II. Naissance des plus anciennes chrétientés gauloises, au Ier siècle ; l'organisation des Églises se complète plus tard. III. Persistance des restes du paganisme jusqu'au Ve siècle. IV. Propagation de la foi chrétienne dans les campagnés par saint Martin de Tours. – V. Les trois lignées d'apôtres nationaux.

Le premier de tous les éléments qui contribuèrent à la constitution de la nation française est sans contredit le catholicisme, auquel toutes les classes, toutes les races appelées à la composer durent successivement leur transformation complète. Pour bien com prendre ce que fut dans notre pays la révolution chrétienne, pour juger de la métamorphose radicale qu'elle lui fit subir et de l'étendue des bienfaits qu'elle lui apporta, il faudrait retracer d'abord le tableau de l'état social qu'elle renversa, des religions qu'elle vint détrôner. Ce tableau, j'en ai donné ailleurs une faible esquisse. Un seul trait peut le résumer : le monde antique en était arrivé à la divinisation de tous les vices et de toutes les passions humaines.

La société au treizième siècle

La société au treizième siècle

Albert Lecoy de La Marche

I

DE L'HISTOIRE NATIONALE ET DE L'ÉTUDE DU TREIZIÈME SIÈCLE EN PARTICULIER

1
Dieu, qui a fait la famille, a fait aussi la patrie . Pour lui rendre moins amer son séjour ici bas , il a voulu que l'homme s'attachât non seule ment aux êtres animés qui l'entourent, mais encore au sol où ses pères ont vécu, où lui-même a vu le jour. Aussi, dès que l'espèce humaine se multiplie , après le déluge, la voyons-nous se disperser, par la volonté du Ciel, et chacune de ses grandes fractions adopter une contrée particulière où sa postérité sera chez elle . Quand le Seigneur se choisit un peuple, une race privilégiée, pour lui confier l'entretien de la lumière crépusculaire accordée au matin du monde en attendant le lever du soleil de vérité, il lui promet en récompense un pays à posséder, une terre à aimer et à cultiver. « Je donnerai cette région à vos enfants, dit- il à Abraham en la lui montrant d'avance. Et, depuis lors, les patriarches et leurs descendants ne soupirent plus qu'après la Terre promise.

Histoire de France (Tome 1)

Histoire de France (Tome 1)

Emile Keller

PRÉFACE.

C'est un devoir de connaître l'histoire de son pays. Il faut rendre ce juste hommage aux aïeux qui l'ont arrosé de leurs sueurs et de leur sang; il faut prendre possession de leur antique gloire , héritage commun du riche el du pauvre; il faut enfin s'instruire pour l'avenir, et apprendre par quelles vertus une nation subsiste et grandit. Que l'indifférent foule d'un pied ingrat la tombe d'un grand homme, le seuil d'une cathédrale ou la terre d'un champ de bataille, et qu'il aille sans regrets chercher, loin du pays natal, une vie plus aisée . L'homme de caur sait qu'autour de lui tout est le fruit du travail et du courage. Sa vie est laborieuse ; mais plus dure a été la vie de ses ancêtres . Humble ouvrier, il apporte sa pierre à leurs æuvres séculaires, et, dans ses loisirs , c'est aux récits du passé qu'il retrempe sa vertu . La maison de ses pères, son église, son village, la patrie tout entière s'embellit alors pour lui de souvenirs, de nobles pensées, et a comme une âme qui parle à la sienne.

Histoire de France (Tome 2)

Histoire de France (Tome 2)

Emile Keller

LIVRE V.

FRANÇOIS 1. - GUERRES DE RELIGION.
1483 . 1598.

I. Heureusement les ennemis de Louis XI étaient 1483 morts avant lui. Pour s'opposer à leurs justes vengeances , il ne laissait qu'un fils de treize ans, Charles VIII , pauvre de corps et d'esprit, élevé loin de la cour et maintenu par la méfiance de son père dans une funeste inaction . Après un despote, venait un en fant incapable, occasion bien propice pour les vieilles semences d'anarchie. Mais Paris et l'Université ne s'étaient pas relevés du coup mortel porté à leurs priviléges par leur propre trahison ; il n'y avait plus de grands vassaux indépendants, et les seuls seigneurs de quelque importance , l'héritier des Bourbons et Louis d'Orléans , avaient épousé les deux sœurs du Roi. Une éducation austère avait donné à ces princesses in caur sage et ferme, et l'aînée , Anne de Beaujeu, désignée par son père pour la régence, prit les rênes de l'État avec une vigueur digne de la reine Blanche.

L'affaire du collier

L'affaire du collier

Frantz Funck-Brentano

Des grands procès dont l'histoire a gardé le souvenir, l'affaire du Collier est peut-être celui qui a exercé l'action la plus profonde sur les destinées de notre pays. Les passions s'en emparèrent. Il fut dans les mains des politiciens un bélier dont ils ébranlèrent la monarchie. « Le procès du Collier, dit Mirabeau, a été le prélude de la Révolution. »

La mort de la reine

La mort de la reine

Frantz Funck-Brentano

(LES SUITES DE L'AFFAIRE DU COLLIER)

Le moyen age

Le moyen age

Frantz Funck-Brentano

La nuit du IX° siècle... Que se passe-t-il ? A peine les documents permettent-ils d'entrevoir un peuple épars, sans direction. Les barbares ont rompu les digues. En flots successifs les invasions sarrazines se sont répandues sur le Midi. Les Hongrois foulent les provinces de l'Est. « Ces étrangers, écrit Richer, se livraient aux plus cruels sévices ; ils saccageaient villes et villages et ravageaient les champs; ils brûlaientles églises ; puis ils repartaient avec une foule de captifs, sans être inquiétés. »

Dernières années du règne et de la vie de Louis XVI

Dernières années du règne et de la vie de Louis XVI

François Hue

AVANT-PROPOS.

Sorti, en 1794, des prisons dans lesquelles j'ai été mis avant et depuis la mort de Louis XVI, j'exécutai le projet que j'avois formé d'élever à la mémoire de cet infortuné Monarque un monument de mon éternelle reconnoissance. Sans consulter mes forces, et n'écoutant que mon coeur profondément touché du témoignage honorable dont le meilleur des maitres avoit si grandement récompensé mes trop foibles services, je me livrai au sentiment dont mon ame étoit remplie.
Lorsque j'entrepris de rassembler tant de tristes souvenirs, la France, couverte de ruines, fumoit encore du sáng des victimes immolées à la fureur des partis. Une fermentation sourde , des secousses fréquentes, annonçoient de nouveaux bouleversemens : ce fut donc au bruit des au son du tocsin , que je traçai les premières lignes de ce récit. Combien de fois l'apparition subite d'inquisiteurs soudoyés pour épier les sentimens secrets, pour interroger les pensées, m'a force de détruire mon ouvrage ! Enfin je le terminai, mais en me réservant de lui donner plus de développement, lorsque cela me seroit possible.

Du sacre des rois de France, de son origine et de la Sainte Ampoule

Du sacre des rois de France, de son origine et de la Sainte Ampoule

Félix Lacointa

PREMIÈRE PARTIE.

De l'origine du sacre et de la Sainte-Ampoule

CHAPITRE PREMIER.

LOUIs XVIII, à l'ouverture de la session de 1819, avait dit:

« J'ai attendu en silence cette heureuse époque, pour m'occuper de la solennité nationale, où la religion consacre l'union intime du peuple avec son Roi. En recevant l'Onction royale au milieu devons, je prendrai à témoin le Dieu par qui règnent les Rois, le Dieu de Clotis, de Charlemagne et de Saint Louis. Je renouvellerai sur les autels le serment d'affermir les institutions fondées par cette charte que je chéris davantage depuis que les Français, par un sentiment unanime, s'y sont franchement ralliés. »

Histoire de la Vendée militaire (Tome 1)

Histoire de la Vendée militaire (Tome 1)

Jacques Crétineau-Joly

AVANT- PROPOS.
L'histoire des guerres que soutinrent contre la Revolution française les provinces d'Anjou , du Poitou , de Bretagne, du Maine et de basse Normandie n'était pas encore connue dans son ensemble. Des écrivains de tous les partis étaient venus, avec plus ou moins de talent et de partialité, abriter leurs noms sous cette retentis sante épopée. Les uns l'avaient calomniée après l'avoir comprise ; les autres la déifiaient sans la comprendre.

Histoire de la Vendée militaire (Tome 2)

Histoire de la Vendée militaire (Tome 2)

Jacques Crétineau-Joly

CHAPITRE 1.
Lettres de Beaupuy, de Tribout, de Westermann et des Conventionnels. - Marceau ef Kléber au club de Nantes. - Mort de Donnissan, du faux évêque d'Agra et de Pérault. - Les proscrits vendéens. - Exécutions - - Jugement du prince de Talmont. - Arrêté de la commission militaire de Vitré - Condamnation à mort de Westermann et de Beysser - Charette dans l'ile de Bouin - Joly aux Quatre Chemins - Discussion de Charette et de Joly - Le premier est nommé général en chef par son armée du Bas-Poitou.

Histoire de la Vendée militaire (Tome 3)

Histoire de la Vendée militaire (Tome 3)

Jacques Crétineau-Joly

CHAPITRE 1.

Mouvements révolutionnaires en Bretagne dès 1750. - La cour, le clergé, la noblesse, le Parlement et la bourgeoisie. - Caractère des Bretons. - Division entre la cour et le Parlement. - Sa résistance aux ordres de Louis XVI. Le comte de Thiard et le premier président Catuëlan. - Victor Moreau , général du Parlement . Troubles à Rennes. - Lettre de Louis XVI. - Obstination du Parlement. - Premiers décrets de Démonstrations hostiles du Tiers-État. - l'Assemblée Constituante . Leur effet sur la population des villes de Bretagne. - Persécution contre le clergé et la noblesse. - Le peuple des campagnes prend fait et cause pour eux.

Histoire de la Vendée militaire (Tome 4)

Histoire de la Vendée militaire (Tome 4)

Jacques Crétineau-Joly

CHAPITRE 1.

Position de la France et des puissances étrangères. - Situation des provinces de l'Ouest. - Prise d'armes. - Chatillon et d'Andigné s'emparent de Nantes. - Prise de Saint-Brieuc par Lemercier et Saint-Régent. - De Sol de Grisolles prend les villes de Pont-Château, La Roche-Bernard, Guérande et Redon. - Guillemot se rend maitre de Locminé. Succès de Cadoudal. - Combat de La Vachegarre. - Débarquement de munitions. - Combat d'Elven. - Prise de Quimper. - Marche de La Nougarède. - Évasion de Boisguy...

Recherches historiques sur la Sainte Ampoule

Recherches historiques sur la Sainte Ampoule

Jacques Lacatte-Joltrois

En nous occupant de quelques recherches historiques sur une des plus anciennes et des plus importantes reliques qui aient existé en France, c'est-à-dire, la Sainte Ampoule, notre intention n'est pas de chercher à établir la preuve de l'origine céleste qu'on lui attribue , et moins encore de nous mettre au nombre de ceux qui la combattent; nous voulons seulement faire connaître ce qu'était, comment, et à quoi servait cette relique, et donner en même temps une légère idée des ouvrages qui ont été écrits pour ou contre le miracle qui nous aurait procuré ce précieux trésor, honoré de toute la France, envié et respecté des étrangers, et qui a attiré sur la ville de Reims les plus insignes faveurs.

Considérations sur la France

Considérations sur la France

Joseph de Maistre

CHAPITRE PREMIER.
DES REVOLUTIONS.
Nous sommes tous attachés au trône de l'Être suprême par une chaîne souple, qui nous retient sans nous asservir.
Ce qu'il y a de plus admirable dans l'ordre universel des choses, c'est l'action des êtres libres sous la main divine. Librement esclaves, ils opèrent tout à la fois volontairement et nécessairement : ils font réellement ce qu'ils veulent , mais sans pouvoir déranger les plans généraux.
Chacun de ces êtres occupe le centre d'une sphère d'activité, dont le diamètre varie au gré de l'éternel géomètre, qui sait étendre, restreindre, arrêter ou diriger sa volonté, sans altérer sa nature.

La chevalerie

La chevalerie

Léon Gautier

PRÉFACE

Notre première intention avait été de donner à ce livre un titre plus développé : la Chevalerie d'après les Chansons de geste ; mais nous avons été amené à consulter tant d'autres documents, que nous avons pu nous croire légitimement autorisé à adopter un titre plus général et plus bref. Les Chansons de geste n'en demeurent pas moins la principale et la meilleure de nos sources, et c'est là qu'à notre sens on trouvera la peinture la plus exacte de la Chevalerie et des temps chevale resques . Les auteurs de ces poèmes populaires, dont la sincérité n'est douteuse pour personne, ne pouvaient peindre et n'ont peint en réalité que ce QU'ILS AVAIENT SOUS LES YEUX. Nul n'a décrit avec une plus heureuse précision le costume et l'armure, l'habitation et le mobilier, la vie privée et les meurs de la noblesse féodale. Les bons juges ne s'y sont pas trompés.

La Révolution

La Révolution

Mgr Jean-Joseph Gaume

AVERTISSEMENT

L'idée religieuse est nécessaire à la vie sociale. Toute société qui rejettera loin d'elle le principe religieux, portera dans son sein un germe de dissolution : tout gouvernement hostile ou étranger à l'idée religieuse périra.
Pour l'homme que lapassion n'aveugle pas, ces propositions sont des axiomes.
Quand une nation (comme la nôtre), autrefois florissante et paisible, se trouve soumise périodiquement à des crises violentes qui mettent en péril son existence, les esprits vraiment soucieux de l'avenir, après avoir constaté le mal, cherchent à en déterminer l'origine pour mieux appliquer le remède.

La Révolution (Tome 1)

La Révolution (Tome 1)

Mgr Jean-Joseph Gaume

INTRODUCTION.

Quelque optimiste qu'on soit, il est dificile de nier que le mal existe au sein des sociétés modernes, et même qu'il existe dans des proportions effrayantes. - « Le mal n'est pas plus grand aujourd'hui qu'autrefois ; tous les siècles se rememblent; les hommes ont toujours été les mêmes; notre époque peut soutenir la comparaison avec toutes les autres époques. » Voilà ce que plusieurs s'empressent de répondre.
« On entend dire assez communément, repend
le comte de Maistre, que tous les siècles se ressemblent et que la hommes ont toujours été les mêmes. Mais il faut bien se garder de ces maximes générales, que la légèreté ou la paresse
inventent pour se dipense rde réfléchir.

La Révolution (Tome 10)

La Révolution (Tome 10)

Mgr Jean-Joseph Gaume

LA RENAISSANCE.

CHAPITRE PREMIER.
LA RENAISSANCE HORS DU COLLÈGE.
Les Professeurs. — Par leurs écrits continuent de passionner la jeunesse pour l'antiquité classique. — Pontien. Laurent Valla. — Le P . Maffei. — Le P. Galluzzi. — Son Traité de la Tragédie, de la Cpmédie et de l'Élégie. — Gravius et les Antiquités romaines. — Le P. Sarbiewiski, «surnommé» par ses confrère le Pindare du Nord. — Analyse de quelques-unes de ses pièces. — Vide dans le fond, mauvais goût dans la forme. — Éloges qui lui sont donnés.

Quelles devaient être au sortir du collège les pensées de la jeunesse, nourrie par ses études et enthousiasmée par les pièees de thé«ire, d'admiration pour l'antiquité classique ? Regardait-elle ses études comme des choses vaines et inapplicables à la vie réelle, ses tragédies et ses comédies comme des jeux, dont le souvenir ne devait exercer aucune influence sur la direction de so t intelligence? Le croire sériat une erreur.

La Révolution (Tome 11)

La Révolution (Tome 11)

Mgr Jean-Joseph Gaume

LA RENAISSANCE.

PREMIÈRE LETTRE.
Motif et objet de ces lettres. — Inquiétudes maternelles. — Ce que sont les maîtres de la jeunesse. — Deux espèces de maîtres. — Les maîtres anciens. — On demande à les connaître.

Rome, 28 janvier 1853.

Madame,
C'est en arrivant ici que j'ai trouvé, poste restante, la lettre que vous me faites l'honneur de m'écrire. Pour y répondre convenablement, il ne faut pas moins d'un honnête volume : et vous en êtes menacée. Si la longueur de ma réponse vous effraye, à vous la faute. Pourquoi me consulter sur un sujet de cette étendue ? Mais s'il est immense, il est aussi pour vous d'un intérêt capital. C'est là, j'espère, ce qui fera passer ma prose. Du reste, vous la recevrez promptement et sans interruption.

La Révolution (Tome 12)

La Révolution (Tome 12)

Mgr Jean-Joseph Gaume

LA RENAISSANCE
CHAPITRE PREMIER. MA GÉNÉALOGIE. — AVANT LA RENAISSANCE.

Son antiquité. — Coup d'œil sur les temps antérieurs au Messie. — Sur les temps postérieurs jusqu'à la Renaissance. — Constitution apostolique. — Réclamations incessantes contre l'étude des auteurs païens. — Répulsion générale. — Trois grands faits : le latin du moyen âge, la conduite du moyen âge, les caractères généraux du moyen âge. — Deux faits particuliers : correction infligée à Pétrarque, titres du livre de Boccace.

« Vous êtes un novateur — et pourquoi ? — Parce que vous soutenez une thèse que personne n'a jamais soutenue; parce que vous faites entendre des réclamations auxquelles personne n'a jamais songé; parce que vous signalez des dangers que personne n'a jamais entrevus ; parce que vous indiquez un remède que personne n'a jamais soupçonné.

La Révolution (Tome 2)

La Révolution (Tome 2)

Mgr Jean-Joseph Gaume

AVANT-PROPOS

La première partie de cet ouvrage présente le rapide tableau des destructions révolutionnaires.
« Mais, dit-on, si la Révolution a détruit des choses nobles et utiles, n'a-t-elle pas le mérite d'avoir supprimé une foule d'abus, et cette suppression ne balance-t-elle pas le mal qu'elle a fait? »
Nous ferons remarquer que l'examen de ces questions ne rentre pas nécessairement dans notre plan, et que nous pouvons nous dispenser d'y répondre.
Qu'on veuille bien ne pas l'oublier : nous envisageons la Révolution française comme un fait; notre but est d'en montrer le principe générateur. Voici néanmoins quelques considérations générales qui peuvent aider à résoudre la difficulté.

La Révolution (Tome 3)

La Révolution (Tome 3)

Mgr Jean-Joseph Gaume

CHAPITRE PREMIER.
L'HOMME ET SA ROYAUTÉ.

Forme républicaine empruntée à l'antiquité. Manifeste de la République française Discours de Grégoire. – Robespierre veut pour la France la République romaine Témoignagede Sénart et de Beaulieu. Paroles de Saint Just. – Traita de ressemblance entre la République française et la République romaine.

Qui peut plus peut moins. La Révolution s'était reconnu le droit de fabriquer une religion à plus juste titre devait-elle s'attribuer celui de faire un gouvernement. Pour trouver le modèlede son édifice religieux, nous l'avons vue remonter d'un seul bond au sein de l'antiquité païenne. Là encore, elle ira chercher le type de son édifice social. Rome, Allipnes, Sparte, seront pour elle l'idéal de la perfect.on. Vers ces points lumineux qui brillent au milieu des épaisses ténèbres dont le reste du monde est enveloppé, la reportent toutes ses études de collège, toutes ses admirations classiques. Au delà et en deçà, il n'y a que servitude et barbarie.

La Révolution (Tome 4)

La Révolution (Tome 4)

Mgr Jean-Joseph Gaume

CHAPITRE PREMIER.
L'ENSEIGNEMENT RÉVOLUTIONNAIRE.

Nécessaire pour perpétuer la Révolution. — Importance extrême que la Révolution y attache, — Discours de Cliazal. — Preuves que renseignement classique a fait la Révolution. — Discours de Laminais. — Caractère, principe, but de lYducation révolutionnaire. — Principe païen que l'enfant appartient à PÉtat. — Omnipotence de l'État sur l'éducation — Paroles de Rabaut Saint-Etienne, Danton, Jacob Dupont, Petit. — Création de l'école normale.

Dans sa religion, dans sa forme gouvernementale, dans ses lois, dans ses institutions, dans ses fêtes, dans son costume et jusque dans son langage, la France est devenue officiellement grecque et romaine. Mais cette transformation extérieure n'est qu un placage. OEuvre de la terreur ou du fanatisme, elle peut disparaître avec les causes passagères qui sont produite. Le seul moyen de la rendre durable est une transformation analogue dans les esprits.

La Révolution (Tome 5)

La Révolution (Tome 5)

Mgr Jean-Joseph Gaume

LE VOLTAIRIANISME.

CHAPITRE PREMIER.
APOTHÉOSE DE VOLTAIRE.

La Résolution reconnaît Voltaire ponr un de ses pères. — Demande de la municipalité de Paris pour obtenir la translation dos rester de Voltaire. — Paroles de Regnault de Saint-Jean d'Angel), de Treilhard. — Demande d'une fête en l'honneur de Voltaire. — Paroles le Gossin, de Regnault. — Arrivée de Voltaire à Paris. — Station à la Bastille. — Description de l'a{>othéoâe. — Caractère païen de cette cérémonie.

Il est un reproche qu'on n'a jamais fait à la Révolution, et qu'en effet elle ne mérite pas, c'est d'ignorer sa généalogie et de méconnaître ses ancêtres.
Or, ses premiers sourires furent tout à la fois pour Brutus, Scévola, Thémistocle, Lycurguc, Voltaire, Rousseau. Mably. A peine sortie des langes de son berceau, elle manifeste sa piété filiale en associant dans les mêmes l'honneurs ses pères et ses aïeux.

La Révolution (Tome 6)

La Révolution (Tome 6)

Mgr Jean-Joseph Gaume

LE CÉSARISME.
CHAPITRE PREMIER.

IDÉE DU CÉSARISME.

Importance de la question. — Définition du Césarisme. — Son origine. — Son histoire dans l'antiquité. — Il fonde l'ordre religieux et social sur la souveraineté de l'homme. — Du peuple, cette souveraineté passe à César. — La loi Regia. — Droits et prérogatives de César.— Paroles de Gravina, de Terrasson. — Article de la loi Regia. — Résultats du Césarisme dans l'antiquité.

En entrant dans ie monde, le mal a produit le dualisme. De là, deux hommes dans l'homme, et deux cités sur la terre. De là aussi, deux philosophes , deux littératures aussi opposées entre elles que les deux esprits qui les inspirent, les principes d'où elles partent, les moyens qu'elles emploient, et le but auquel elles tendent. De là, par une conséquence non moins absolue, deux politiques : la politique du bien et la politique du mal, la politique chrétienne et la politique païenne. Les faire connaître l'une et l'autre c'est mettre devant les yeux des nations la vie et la mort, car c'est leur signaler les deux routes dont Tune conduit au bonheur et l'autre à l'abîme.

La Révolution (Tome 7)

La Révolution (Tome 7)

Mgr Jean-Joseph Gaume

LE PROTESTANTISME.

CHAPITRE PREMIER.
État de la question. — Double caractère de l'impiété voltairienne. - Vient-elle du Protestantisme ? — Dans l'ordre social ? — Dans l'ordre religieux? — Autorités qu'elle invoque. —
Moyens qu'elle emploie. — Pays qu'elle ravage. — But qu'elle se propose. — D'où est venu le Protestantisme?

Considérée en elle-même et dans ses œuvres, l'impiété du dix-huitième siècle présente un double caractère : elle fnt tout à la fois la haine de l'ordre religieux et de Tordre social existants, et l'aspiration constante vers nn nouvel ordre religieux et vers un nouvel ordre social. L'histoire du Voltairianisme ne permet pas de contester l'exactitude de celle définition.
Doù venait cette haine?

La Révolution (Tome 8)

La Révolution (Tome 8)

Mgr Jean-Joseph Gaume

l'homme, et dont la parole, loi et vérité tout ensemble, est tenue pour telle, obé'e connue telle.

La Révolution (Tome 9)

La Révolution (Tome 9)

Mgr Jean-Joseph Gaume

LA RENAISSANCE.

CHAPITRE PREMIER.
LES COMMENT.

La religion. — La société. —La famille. — Les mœurs. — Les arts. — Le théâtre. — La polémique. — Le paganisme.

Il y a quatre siècles, toute l'Europe, moins quelques petites contrées du Nord, était catholique; l'Église était le plus grand propriétaire du globe ; sa puissance, reconnue de tous, régissait le monde comme le soleil régit le système planétaire.

Sainte Clotilde et les origines chrétiennes de la nation & monarchie françaises

Sainte Clotilde et les origines chrétiennes de la nation & monarchie françaises

Révérend Père François Gay

LES FEMMES CHRÉTIENNES

DES CINQ PREMIERS SIÈCLES DE L'ÉGLISE.
PREMIÈRE PARTIE.
Le Catholicisme est une grande école de respect . Si l'humanité aujourd'hui respecte l'épouse et la mère, l'enſant et le pauvre, c'est au Catholicisme que nous le devons : le paganisme ne soupçonna pas même la possibilité d'un pareil sentiment.
De leur côté , ces êtres si faibles, ces êtres dont l'influence semble si peu sérieuse, peuvent beaucoup pour l'extension et la gloire du Catholicisme. L'expérience ne permet pas le moindre doute à cet égard ; et celui qui étudie l'histoire des origines de la foi dans le monde, remarque avec surprise et admiration, que les épouses des personnages importants qui ont participé au mouvement religieux des premiers siècles, en ont été presque toujours les moteurs providentiels. Ce fait s'est produit au centre de la
barbarie aussi bien qu'au centre de la civilisation.

La providence et les châtiments de la France

La providence et les châtiments de la France

Révérend Père Pierre Toulemont

CHAPITRE I
Idée générale de la Providence, d'après les Saintes Écritures.
« Dieu, disent les Livres Saints, a créé au commencement le ciel et la terre avec tout ce qu'ils renferment, les choses visibles et les choses invisibles ; il a tout tiré du néant par l'efficacité de sa parole ; il a dit, et tout a été fait, et rien n'a été fait sans lui. » — Et non seulement il a produit ainsi en bloc l'universalité des êtres ; mais il est intervenu personnellement dans l'ordonnance de tous les détails de la création. « Son éternelle sa- gesse a disposé chaque chose avec nombre, avec poids et mesure ; elle a tracé l'orbite du monde céleste ; elle y a rangé les astres comme un concert harmonieux et comme une armée disciplinée ; elle a suspendu la terre sur le rien ; elle a dicté des lois fixes et constantes aux montagnes, aux abîmes, aux eaux supérieures et inférieures, à tous les éléments ; elle a marquédans un ordre qui durera autant que la terre elle-même, le retour périodique du temps des semailles et des moissons, des chaleurs et des froids, des étés et des hivers, des jours et des nuits. »