Des esprits, de l'Esprit-Saint et du miracle (Appendices et supplément)

Marquis Jules Eudes Mirville

Des esprits, de l'Esprit-Saint et du miracle (Appendices et supplément)

UN TRIOMPHE DE LA TRADITION A PROPOS D'UN MIRACLE

MIRACLE AU ONZIÈME SIÈCLE.

1. Du moyen âge et de sa critique. •— 2. Un ressuscité devant le moyen âge. — 3. Devant la critique de l'Église.— 4. Devant la volonté divine surnaturellement exprimée.

1. — Du moyen âge et de sa critique.

Ici vont se multiplier les objections, car nous atteignons le moyen âge, et c'est un lieu commun rivé dans tous les esprits : qu'une excursion dans ce monde-là équivaut, comme ténèbres, à une excursion dans l'autre. Certains critiques iront plus loin : ils trouveront qu'après nous être engagé à leur produire des miracles démontrés, partout et toujours, nous faisons acte A'habileté en ne nous permettant qu'une station de quelques minutes sur un terrain rempli d'aspérités pour nous.
A cette première objection nous pourrions d'abord répondre avec M. de Montalembert que « ces siècles ne furent rien moins que barbares, que des siècles chrétiens ne le sont jamais, et qu'il faut réserver exclusivement cette dénomination à une époque et à une société'comme les nôtres, où le culte du vrai Dieu a été partout remplacé par celui de l'argent et de la fausse raison.»
Ensuite, en admettant dans l'ensemble des mœurs publiques, pendant ces quelques siècles, autant de rudesse et d'ignorance qu'on le voudra, ce ne serait pas du moins aux monastères, à leurs savants et à leurs saints que nous pourrions nous en prendre.