La vraie Jeanne d'Arc (Tome 4)

Père Jean-Baptiste Ayroles

La vraie Jeanne d'Arc (Tome 4)

LA VIERGE-GUERRIÈRE

LIVRE PREMIER

L'accusée de Rouen était tenue à la plus grande réserve pour ne pas compromettre le parti qu'elle avait mission de relever. L'observation porte surtout sur les interrogatoires qui doivent être reproduits dans le présent volume. Quel abus eût été fait de ses paroles, si elle avait dit, par exemple, que le Dauphin avait conçu des doutes sur la légitimité de sa naissance, parlé des obstacles mis à sa mission par ceux-là mêmes qui auraient dû la seconder? Disposée à mourir pour les siens, elle a gardé un silence héroïque sur ce qui aurait été pour eux un déshonneur et une défaveur.
Même devant un tribunal légitime, un accusé devrait se taire sur des faits qui constitueraient un péril pour TEtat tout entier; à plus forte raison lorsqu'il est, comme la Vénérable, interrogé par de soi-disant juges, dénués de toute juridiction. 11 ne faut pas perdre de vue cette observation, en étudiant les réponses de Jeanne, notamment sur le signe donné au roi, sur Téchec contre Paris.