Le Gallicanisme et le Jansénisme comparés

Abbé Maurice Planté

Le Gallicanisme et le Jansénisme comparés

L'Aurore de la Déclaration.

Je prends pour point de départ la Déclaration de 1682, en suivant un historien qui n'est pas suspect, le cardinal de Bausset, tout dévoué à Bossuet et aux opinions gallicanes. J'aurais pu consulter d'autres auteurs qui ont publié des livres très - remar quables sur cette époque ; par exemple, M. Gérin : je ne l'ai pas voulu , parce que c'est une doctrine que je cherche, pas autre chose ; et cette doctrine, je ne l'eusse pas trouvée dans les écrits qu'on appelle ultramontains , tandis qu'elle s'épanouit tout à son aise dans les ouvrages gallicans. On lit donc dans la vie de Bossuet par cet auteur : « On peut présumer par un Mémoire que le sieur » Coquelin , promoteur, lut dans la séance du 26 novembre 1681, que la première intention de l'Assemblée avait été de se borner à changer en une décision de l'Eglise gallicane les six articles que la Faculté de Théologie de Paris avait. publiés en 1663, sous la forme d'un jugement doctrinal. » Ces six articles furent, en effet, la première ébauche des quatre articles de 1682.
Qu'elle fut l'origine de cette décision ? L'abbé Ledieu nous l'apprend dans son journal, (T. Ier, p. 8 et 9.) Il raconte que Bossuet lui disait en 1700 :
« Aussitôt que le roi eut pris le gouvernement de son royaume, et surtout depuis M. Colbert, on eut cette politique d'humilier Rome et tout le Conseil suivit ce dessein . De là la décision de la Faculté de Théologie en 1663 et tout ce qui a été fait jusqu'à ce jour, ) c'est- à - dire jusqu'en 1700 ; par conséquent la Déclaration de 1682, vint de la même source, la pensée d'humilier Rome. Cet aveu a bien son prix ».